Le métier d’éboueur est souvent dénigré et sous-estimé, mais à quel point connaissons-nous réellement les tâches qui incombent à ces travailleurs ? Savons-nous que chaque jour, ils risquent leur vie pour nous permettre de vivre dans un environnement propre et sain ? Faisons le point sur ce métier encore méconnu.

Zoom sur le métier d’éboueur

Éboueurs : les travailleurs de l’ombre

Si les éboueurs sont si mal connus, c’est en partie parce qu’ils travaillent généralement de bonne heure, lorsque le soleil n’est pas encore levé. C’est une des raisons pour laquelle on les surnomme les « travailleurs de l’ombre ». Leur journée de travail commence dès 5 h 45, car les camions de bennes doivent quitter leur base à 6 h tapantes. Ils travaillent donc à une heure à laquelle nous dormons encore et dans la journée, nous ne les rencontrons que très rarement.

 

Une équipe pour chaque zone

Les éboueurs travaillent en équipe et chaque membre de l’équipe occupe un poste précis. Pour les éboueurs de chez Loris, une société de nettoyage, chaque équipe se compose de deux ou trois personnes. Tous les matins, les équipes rejoignent respectivement la commune qui leur est affectée et le nombre de personnel dépend de la zone à nettoyer. Lorsqu’une équipe est affectée en zone rurale, deux personnes suffisent à savoir un conducteur et un coéquipier. Selon Jean Le Bigot, directeur de Loris, il emploie un peu plus de 90 salariés qui se chargent de nettoyer tous les jours les communes de Lorient, Cléguer, Larmor-Plage, Pont-Scorff, Gestel et Brandérion.

 

Des travailleurs soudés

Chez Loris, les travailleurs sont très soudés et les membres d’une équipe le sont encore plus. Certains d’entre eux travaillent ensemble depuis plus de 10 ans et cette ancienneté leur permet de bien coordonner leur travail. Ils n’ont nul besoin de se parler pour savoir ce que chacun doit faire. Même si une équipe se compose d’un conducteur et d’autres personnes pour accrocher les bennes, les éboueurs de chez Loris se prêtent main forte en toutes circonstances. Ainsi, après avoir garé le camion, le conducteur descend du véhicule pour aider ses collègues. Il arrive également qu’ils échangent leur place de jour en jour. Dans tous les cas, la bonne humeur et la bonne ambiance restent présentes et c’est ce qui permet aux éboueurs de surmonter les difficultés qui ne manquent jamais de survenir.

 

Un métier avec son lot de difficultés

Même si le métier d’éboueur nous paraît simple à première vue, il ne l’est guère, car c’est un travail qui apporte chaque jour son lot de difficultés. En effet, les éboueurs de chez Loris rencontrent très souvent des problèmes notamment avec :

  • Le tri des ordures : même si de plus en plus de ménages trient leurs ordures, il y en a encore qui n’en font qu’à leur tête et mettent n’importe quoi dans leurs poubelles. Les éboueurs trouvent souvent des seringues usagées enveloppées dans de simples sachets en plastique. Pour certains, il s’agit d’un type d’ordure commun, mais pour les éboueurs, ces objets représentent un risque très sérieux. Il leur arrive même de trouver des bouteilles de gaz ou des matériaux plus dangereux encore comme de l’uranium. Pour les éboueurs, la prise de conscience des ménages sur ce qu’ils mettent dans leurs ordures est très importante puisqu’il en va de leur sécurité.
  • Le stationnement des camions : pour les éboueurs, trouver une place de stationnement est très difficile et lorsqu’ils n’ont pas le choix, ils sont obligés de supporter le mécontentement des autres conducteurs qui doivent attendre qu’ils aient fini avant de reprendre la route.

 

Un métier à risque

Outre les déchets dangereux, les éboueurs sont exposés à d’autres risques comme les accidents. Selon le directeur de la société, il a même déjà perdu des travailleurs dont le camion a été percuté par des chauffards. Les éboueurs sont aussi victimes du mécontentement des ménages même pour des raisons mineures comme le fait de ne pas trouver leur poubelle au même endroit, le fait que leur poubelle n’ait pas été vidée alors qu’ils ont oublié de la sortir, … Quoi qu’il en soit, les accidents majeurs sont rares dans ce métier, mais les foulures, fractures, coupures et chutes sont monnaie courante.

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