Ces 10 dernières années, le recyclage des déchets s’est beaucoup développé, mais la baisse en continu du prix des matières premières risque de réduire à néant tous les efforts fournis. La conséquence se fait d’ailleurs déjà ressentir au grand dam des entreprises de recyclage.

Une fin amère ?

Quand les matières premières coûtaient encore cher, les entreprises de recyclage se développaient de leur côté en recrutant plus de personnes et en investissant dans des processus plus élaborés pour venir à bout de la quantité croissante de déchets. Tous ces efforts pour au final se voir devancer par les matières premières qui inondent le marché actuellement avec leur coût attractif.

Les matières premières au même prix que les produits recyclés ?

C’est malheureusement la triste réalité que traversent actuellement les entreprises de recyclage. Avec la perte de valeur du minerai de fer et du pétrole, la fabrication de plastique avec du pétrole est devenu moins chère que la fabrication de plastique recyclé. Entre les deux produits finis obtenus, il va de soi que les industries préfèrent le plastique vierge au plastique recyclé. Ce dernier n’est pas le seul concurrencé par les matières premières à bas prix puisque de nos jours, la Chine a inondé le marché mondial d’acier bon marché. Les recycleurs ne peuvent toutefois pas s’aligner à leur prix puisqu’ils dépensent plus pour la transformation de déchet d’acier et de ferraille qu’ils récupèrent en Europe.

Dechets de ferraille

Un appel au secours des recycleurs

Face à cette nouvelle vague de concurrence, les entreprises de recyclage lancent un appel au secours au gouvernement qui n’a toujours pas annoncé la prime promise à la tonne de plastique recyclé. Selon le président de la Fédération des entreprises françaises du recyclage, alors que le gouvernement promettait une économie circulaire, c’est une économie linéaire qui prend le dessus.

Un compromis à étudier

Pour espérer concurrencer les matières premières vierges bon marché, les entreprises de recyclage tiennent à rappeler qu’à chaque tonne de déchet qu’elles recyclent, elles évitent 80 % des émissions de gaz à effet de serre et consomment moins d’énergie que pour la production d’une tonne de matière première vierge. Elles souhaitent alors que le prix tienne compte de cela, mais quel compromis peut-on en tirer alors que pour fabriquer une tonne de matière première vierge et donc de CO2, une dépense de 6 euros suffit ?

En savoir plus sur le tri sélectif et la collecte des déchets.

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