Le terme DASRI désigne les Déchets d’Activité de Soins à Risques Infectieux. Autrement dit, il regroupe tous les déchets provenant des activités de diagnostic, de traitement et de suivi dans la médecine humaine et vétérinaire : déchets piquants, tranchants, produits sanguins, déchets anatomiques humains non identifiables… Les DASRI sont donc des déchets pouvant entraîner une contamination pour ceux qui les manipulent. C’est pour cela que leur manipulation et leur traitement doivent suivre des règles précises. En ce qui concerne leur traitement, deux voies d’élimination sont possibles.

L’incinération

L’incinération des DASRI consiste à brûler les déchets dans un four pouvant fonctionner à de très hautes températures.

Où peut-on la réaliser ?

Cette méthode ne peut se faire qu’au sein de deux types d’établissements à savoir :

  • L’IUOM ou usine d’incinération d’ordures ménagères à condition qu’elle ait reçu une autorisation pour cela
  • Une installation centrale spécialisée qui a été spécialement conçue pour les DASRI

Quelle que soit l’installation d’incinération choisie, cette dernière doit avoir une autorisation préfectorale répondant à la législation des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). De ce fait, elles doivent respecter des normes d’exploitation et d’émissions très strictes.

Quelles sont les étapes de l’incinération ?

Dans les deux cas, toute incinération de DASRI se fait en deux étapes. La première consiste à incinérer les déchets à 850°C suivi d’une post combustion à la même température pendant seulement deux secondes afin que le taux de déchets non-brûlés ne dépasse pas les 3 %. La seconde étape consiste à s’assurer que la proportion de DASRI traités n’excède pas 10 % de la capacité totale de traitement de l’installation choisie.

 

La désinfection

La désinfection des DASRI est régie par l’article R 1335-8 du code de la santé publique. Elle entraîne la modification de l’apparence des déchets pour en réduire la contamination microbiologique. La désinfection utilise des procédés thermiques et ne peut se faire qu’avec des appareils validés par des experts collaborant avec l’INERIS. Cette voie d’élimination se fait également en deux étapes à savoir :

  • Le prétraitement des DASRI par broyage ou d’autres techniques, mais le but est ici la réduction des risques mécaniques et psychologiques
  • La désinfection physique ou chimique afin de limiter les risques infectieux

Après la désinfection, un suivi doit être réalisé pour évaluer la réduction des risques microbiologiques et mécaniques. Ce n’est pas la seule analyse obligatoire à faire puisqu’il faudra également assurer le contrôle de la qualité de l’air, effectuer des essais porte germes et des essais granulométriques, faire des contrôles de suivi des appareils de prétraitement, contrôler en permanence les paramètres de désinfection, …

 

Incinération Vs désinfection

Pour savoir quelle méthode il faut choisir, il faut connaitre les avantages et les inconvénients que propose chacune d’elles.

En ce qui concerne l’incinération, elle :

  • Détruit totalement les germes
  • Réduit le poids jusqu’à 90 %
  • Réduit le volume jusqu’à 98 %
  • Génère une valorisation énergétique des déchets
  • Est plus sécuritaire puisqu’est régie par des normes européennes
  • Contrôle les rejets de gaz émis dans l’atmosphère
  • Coûte entre 90 à 450 €/tonne

Quant à la désinfection, elle :

  • Est plus saine puisque ne produit pas de fumée, de radiation et de rejet atmosphérique chimique
  • Réduit le volume jusqu’à 80 %
  • Est idéale pour n’importe quelle quantité de déchets
  • Est traçable grâce aux appareils utilisés qui sont homologués par le ministère de la santé
  • Coûte entre 246 à 1 000€/tonne

 

Avant de penser au traitement des DASRI, il faut aussi penser à leur tri, à leur collecte, à leur stockage et à leur transport puisque chacune de ces étapes garantit la sécurité et de ceux qui les manipulent et de l’environnement.

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