Il est déjà difficile de lutter contre la pollution, mais d’après une récente étude, notre peau ne suffirait pas à nous protéger efficacement contre ses effets.

Dès lors que l’atmosphère est polluée, il n’y a pas grand-chose à faire pour l’éviter. Certes, en période de pics de pollution, certains conseils ont leur utilité (rester à la maison, éviter de pratiquer du sport intense…). Mais en réalité, nous avons peu de marge de manœuvre pour lutter efficacement contre le phénomène. C’est d’ailleurs ce que viennent confirmer les résultats de cette récente étude.

A l’université de Washington (Etats-Unis), des chercheurs ont pu établir que certains polluants, des perturbateurs endocriniens, pouvaient atteindre notre organisme en franchissant la peau. Cet alarmant constat a été publié dans la revue « Environmental Health Perspective ».

Objet de l’étude

Les scientifiques sont arrivés à cette conclusion à partir d’une étude portant sur six volontaires. Ces derniers étaient enfermés dans un lieu clos, puis exposés à des produits présents dans les emballages composés de plastique, des phtalates, classifiés parmi les perturbateurs endocriniens. Les volontaires étaient vêtus de short, puis de masques pour leur éviter de respirer les phtalates. On leur a ensuite demandé de retirer leur masque. Tous les participants ont suivi un régime spécial dans les jours précédant l’expérimentation. Ainsi, ils n’ont préalablement pu utiliser que des produits usuels pour leur toilette et ont suivi un régime alimentaire exempt de toute substance similaire aux phtalates.

Porte de masque contre la pollution de l'air

Le masque ne permet pas de protéger le corps de la pollution

Suite à l’exposition des ces six participants, les chercheurs ont effectué des analyses de sang et d’urine. Troublant constat : même lorsque les sujets ont porté leur masque, leur corps était tout de même davantage contaminé par les phtalates qu’avant leur entrée dans la zone confinée. Cette observation amènerait à la conclusion que c’est à travers la peau que la substance a pénétré le corps humain. Par ailleurs, les chercheurs ont constaté que l’âge avait un rôle déterminant : les personnes ayant un âge avancé auraient une peau plus perméable aux perturbateurs endocriniens.

Conclusion : la peau n’est pas imperméable pas aux perturbateurs endocriniens

Si nous savons déjà que nous respirons des particules polluantes toute la journée, nous ignorions jusqu’ici que même notre peau ne nous protégeait pas efficacement.  En effet, cette nouvelle étude vient établir que nous restons vulnérables face aux agressions extérieures en lien avec la pollution et cela s’aggrave en fonction de l’âge. L’étude n’a concerné pour l’instant que six personnes, mais  les scientifiques de l’Université de Washington comptent reprendre cette expérience et l’étendre à grande échelle.

Cette première expérience rejoint d’ailleurs les perceptions scientifiques sur la nocivité des phtalates. Il faut savoir que ces substances ont des effets néfastes sur le système nerveux, le système reproductif, respiratoire ainsi que le métabolisme. Par ailleurs, le taux de production de phtalates atteint les deux millions de tonnes par an à travers toute la planète, ce qui fait que ces perturbateurs endocriniens sont omniprésents.

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