La pollution de l’air a atteint des sommets alarmants au sein de la capitale française. De nombreuses recherches sont ainsi en cours pour réduire ce taux et parmi les solutions avancées, on cite le puits de carbone.

De quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’une colonne en verre remplie d’eau et de microalgues. Grâce à un système de ventilation, ces dernières vont capter le gaz carbonique de l’air et le transformer en dioxygène. Pour ce faire, les chloroplastes présents dans les algues vont capter la lumière extérieure ainsi que celle créée par des diodes électroluminescentes.

Lorsqu’elles auront fini de purifier l’air, elles vont l’expulser et absorber, en contrepartie, plus de dioxyde de carbone. Cela va leur permettre de se multiplier. Quand elles deviendront trop nombreuses, elles seront évacuées vers la station d’épuration la plus proche par le biais du réseau d’assainissement.

Arrivées à la station, les microalgues vont subir différents traitements pour être transformées, dans un premier temps, en biogaz puis en biométhane. Le gaz obtenu servira à chauffer les villes de manière écologique.

En ce qui concerne le puits de carbone abandonné, il sera de nouveau rempli pour reprendre le même cycle.

Pollution de l’air à Paris : une colonne Morris sera transformée en puits de carbone

Quels sont les intérêts de ce projet ?

Conçu conjointement par la société française Suez et la start-up Fermentlag, ce projet, encore en période de test, permettra de réduire la pollution de l’air si le test s’avère probant. Pour avoir les premiers résultats, le tout premier puit de carbone sera implanté sur la place Victor et Hélène Basch dans le 14e arrondissement de Paris et plus précisément, là où se tient une colonne Morris.

Pourquoi ce choix ? Parce que plus de 70 000 automobilistes circulent quotidiennement au niveau de ce carrefour fortement pollué.

La colonne Morris sera-t-elle enlevée ?

Symbole d’excellence pour Paris, les colonnes Morris traînent ici et là à travers la ville. Pour cette expérience, celle du 14e arrondissement ne sera pas enlevée, mais transformée en puits de carbone. Elle mesurera 4 m de haut avec un diamètre de 2, 5 m. En son sein, un bioréacteur sera installé. Ce dernier est capable de fixer près d’une tonne de CO2 soit la quantité pouvant être stockée par une centaine d’arbres.

Le nouveau puit est actuellement en phase d’expérimentation et même si le projet semble prometteur, ses instigateurs restent prudents. Si ce test s’avère être probant, d’autres colonnes seront installées à travers la capitale d’ici décembre 2017.

Les algues : une piste prometteuse ?

Les microalgues ont des capacités énormes et c’est pour cela qu’elles semblent être idéales pour remédier à la pollution de l’air et de l’eau. D’autant plus que leur culture est plus qu’abordable et qu’elles peuvent pousser n’importe où.

Rappelons que ce n’est pas le seul projet où les algues jouent les premiers rôles puisqu’à la Défense, une paroi d’immeuble dissimule en son sein toute une culture d’algues.

C’est donc un projet plus qu’intéressant, mais cela ne signifie pas que les algues vont tout solutionner. En effet, même si elles peuvent donner un grand coup de pouce à la pollution atmosphérique, chacun doit garder en tête que bien avant elles, les forêts, les tourbières et les océans sont les plus puissants puits de carbone existants. Il convient donc de les protéger surtout à l’heure où les déforestations et les pollutions font rage.

Share