Recycler c’est bien, mais faut-il encore éviter de contaminer les produits recyclés. C’est ce que l’Anses tient à rappeler puisqu’on retrouve des quantités trop élevées d’huiles minérales (MOH) et d’hydrocarbures aromatiques d’huiles minérales (MOAH) dans les emballages en carton et en papier recyclés. Des produits toxiques qui migrent facilement dans les denrées alimentaires qu’ils contiennent.

Une constatation qui ne date pas d’hier

Oui, la sonnette d’alarme a été tirée tardivement puisque cette constatation date, tout de même, de 2009. Ce sont des chercheurs allemands qui ont fait cette découverte en observant 119 aliments secs (céréales, semoule, pâtes, riz, biscuit, …) emballés dans du papier ou du carton. Ces aliments ont été stockés pendant deux ou trois mois à température ambiante et au terme de ces délais, les auteurs de l’étude ont observé que les aliments se composaient de 10 à 20 % d’hydrocarbures aromatiques (MOAH) et une concentration moyenne d’hydrocarbures saturés (MOSH) à raison de 0, 5 à 24 mg/kg.

Au bout de quatre à seize mois après avoir subi une seconde phase de stockage toujours à température ambiante, ces aliments ont été ré-étudiés et les concentrations enregistrées ont été plus élevées encore. Cela signifie que plus longtemps les aliments restent dans ces emballages, plus ils s’imprègnent de MOH, MOAH et MOSH.

Gare aux emballages recyclés !

Halte à la contamination

Pour que cette forme de contamination cesse, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) recommande de limiter cette exposition dès la fabrication des emballages.

Pour information, la présence d’huiles minérales dans les emballages en papier et en carton provient des encres d’impression offset que l’on applique directement à la surface. Une fois recyclés, elles sont incorporées dans le processus de recyclage et se mélangent ainsi à la composition même des emballages recyclés. Les journaux imprimés sont la principale source de ces encres.

Deuxième recommandation de l’agence : mettre en place une méthode d’analyse performante, laquelle est d’ailleurs demandée avant toute recommandation d’ordre toxicologique.

Enfin, l’utilisation de matériaux barrières tels que le polyamide, le PET, l’acrylate ou autres est également conseillée. Ces derniers limitent la migration d’huiles minérales vers les emballages, mais le seul bémol, c’est qu’ils sont difficiles à recycler. Pour y remédier, une étude pour la fabrication de matériaux barrières à base d’amidon est en cours.

Ekorys propose différentes poubelles agroalimentaires pour la collecte des emballages.

Share