Pour éviter l’incinération ou l’enfouissement des déchets pneumatiques, le groupe Lafarge France a ouvert un nouvel atelier pour la valorisation des pneus. Dans ce sens, il prévoit d’utiliser les pneus usagés comme combustible alternatif dans un atelier de cimenterie.

Un plus pour Martres-Tolosane

Le nouvel atelier a récemment été inauguré à Martres-Tolosane en Haute-Garonne. C’est une véritable aubaine pour le territoire puisque tous les déchets pneumatiques de cette zone seront récupérés par des collecteurs locaux qui les rapporteront ensuite à l’entreprise pour être traités et servir de combustible. Le groupe Lafarge estime déjà que sur une année, environ 8 000 tonnes de pneus seront traités.

Pour construire cet atelier, un investissement de 2, 1 millions d’euros a été nécessaire et l’Ademe y a apporté une contribution de 400 000 euros.

Dans la pratique

Pneus usagés jetés en mer

Pour être plus concret, les pneus usagés entiers seront transportés au four par un convoyeur puis un sas à double clapet de chargera de les introduire dans le foyer. Ce dernier peut atteindre une température de 1200°C et sous l’effet de cette forte température, tout ce qui compose le pneu sera entièrement calciné. Pour rassurer le public, le groupe Lafarge a tenu à souligner que cette procédure ne présente pas de danger et n’engendre aucun déchet.

Les avantages

La valorisation des déchets pneumatiques procure différents avantages :

  • Pour les habitants : elle crée de nouveaux emplois grâce à la collecte et leur donne un environnement plus sain
  • Pour le groupe : la combustion de la fraction combustible des pneus composés d’hydrocarbures polymérisés offre un apport énergétique non négligeable tandis que la fraction minérale qui se compose essentiellement de trame acier garantit un apport de matière pouvant remplacer les matériaux de carrière. Elle réduit également la facture énergétique de l’atelier
  • Pour l’environnement : ce procédé limite les émissions de gaz à effet de serre et permet une économie de matières premières non renouvelables
  • Pour l’entourage : la présence de ce nouvel atelier offre aux entreprises de la région une certaine proximité si elles veulent valoriser leurs déchets

15 % de l’apport thermique du four

Désormais, les pneus usagés représentent 15 % de l’apport thermique du four de cet atelier ce qui ramène à 40 % le taux de substitution aux énergies fossiles. Il faut effectivement souligner qu’outre les déchets pneumatiques, le four est aussi alimenté avec des résidus de bois, des eaux de lavage, des résidus de plastique ou des déchets solides que l’on a broyés, des huiles usagées et des semences déclassées. Pour les 60 % restants, ils sont assurés par un combustible fossile et de coke de pétrole.

Le groupe mise sur la transparence

Cimenterie

Lafarge France utilise des combustibles alternatifs depuis 1970. La cimenterie de Martres-Tolosane a commencé à en utiliser en 1995. Le groupe a donc une forte expérience dans ce domaine et dans un souci de transparence, il mène un contrôle strict et une procédure d’acceptation rigoureuse pour chaque type de déchets à valoriser. Les procédés qu’il utilise ont d’ailleurs été validés par l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) et contrôlés par la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL).

Étant en si bon chemin, le groupe projette de continuer ses efforts et envisage déjà la modernisation de la cimenterie vers la fin de l’année 2017. Ce projet lui coûtera dans les 52 millions d’euros.

Découvrez différents modèles de bennes chez Ekorys pour la collecte de pneus usagés.

Share