C’est effectivement la dernière trouvaille d’Anirudh Sharma, chercheur au Media Lab du MIT. Il compte transformer la suie présente dans la pollution de l’air en encre pour imprimante.

Pollution air

Une idée pas si bête que cela

Originaire d’Inde, ce brillant chercheur du Massachussets Institute of Technology (MIT) a trouvé cette idée suite à ses voyages en Inde. En effet, lorsqu’il se retrouvait dans son pays natal et qu’il se promenait dans les rues, le seul fait de s’essuyer le visage avec un mouchoir rendait ce morceau de tissu marron-noir. Un fait qui témoigne du taux élevé de la pollution de l’air et d’un taux de suie élevé dans l’air. Se rappelant ensuite que l’encre de Chine était fabriquée avec du noir de carbone, Anirudh Sharma a eu l’idée de transformer la suie de l’air en encre.

Une étude prometteuse

Si au départ, cette idée semblait un peu surprenante, le chercheur s’est tout de suite mis à l’étudier de plus près. Il a ainsi mis sur pied un dispositif qui permet d’aspirer la suie présente dans l’air afin d’en extraire le noir de carbone qu’elle contient. Ce dernier est ensuite mélangé à de l’huile d’olive et de l’alcool et en peu de temps, le chercheur obtient de l’encre noire utilisable comme celle trouvée dans le commerce.

Une transformation rapide

Cette étude est d’autant plus prometteuse que la transformation ne prend que quelques minutes. Il faut effectivement une heure à Anirudh Sharma pour remplir une cartouche à partir d’un moteur Diesel. La rapidité de transformation dépend toutefois de la source de combustion et donc du taux de suie présent puisqu’avec une cheminée, 10 minutes suffisent pour remplir une cartouche. Le chercheur a baptisé son ingénieuse machine Kaala. Elle se traduit un peu en une sorte d’adaptation dont les éléments principaux sont un ventilateur de PC disposé près d’une source d’émission de gaz polluants et un séparateur vers qui les gaz polluants seront orientés pour que le noir de carbone soit récupéré.

Une encre utilisable

Dans une vidéo de démonstration, le chercheur utilise une bougie pour récupérer la suie durant sa combustion. Lorsque le noir de carbone est extrait, il le mélange à de la vodka et une goutte d’huile d’olive. Résultat : il obtient une encre visqueuse qu’il transfert ensuite dans une cartouche HP contrôlée par un circuit Arduino. Lorsqu’on l’utilise pour imprimer, l’encre affiche une résolution de 96 points par pouce. Avant d’obtenir ce résultat, le chercheur tient à préciser qu’il a dû élargir les orifices de sortie de la cartouche puisque son encre est plus épaisse que l’encre industrielle.

Plus de recherche et de développement s’imposent

Même si les résultats sont déjà là, Anirudh Sharma reconnaît qu’un peu de recherche et de développement du processus s’imposent encore s’il veut obtenir une meilleure qualité d’encre. Quoi qu’il en soit, ce chercheur du MIT est confiant quant à l’avenir de son dispositif puisque de nos jours, l’encre noire est très utilisée par l’industrie et ce, malgré son coût exorbitant. Grâce à l’alternative qu’il propose, les entreprises pourront alors disposer prochainement d’une encre bon marché dont les marges n’atteignent pas 400 % comme celles des encres chimiques.

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