À l’heure où les dispositifs de protection de l’environnement et de la promotion de l’écologie font rage, Greenpeace découvre un gisement de déchets nucléaires dans la ville de Digulleville, sous le sol du Centre de Stockage de la Manche ou CSM. En effet, l’ONG a quantifié près de 930 000 tonnes de déchets et notamment 100 kg de plutonium disposés à 8 mètres sous la surface. Il s’agit des déchets collectés par le CSM durant 25 ans, à partir de 1969.

Une fuite décelée par Greenpeace

Si Greenpeace élève la voix en ce moment, ce n’est pas tant à cause de la présence de ces substances sous le sol du CSM, c’est surtout parce que l’ONG vient de déceler une fuite au niveau de ce gisement néfaste pour la santé. Effectivement, selon un rapport réalisé par l’association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest ou Acro en avril dernier, le ruisseau de Sainte-Hélène qui se trouve à quelques pas du CSM affiche un taux de tritium de 100 Bq/l, une proportion 100 fois plus importante par rapport à la normale. De plus, dans la nappe phréatique provenant d’un puits de contrôle situé sous ce même établissement, la moyenne annuelle de cette proportion remonte facilement jusqu’à 81 000 Bq/l en 2015.

Pour rappel, le tritium est un radionucléide composé essentiellement d’hydrogène. Même si cette substance est moins dangereuse que le plutonium, sa proportion dans les eaux qui avoisinent le CSM est trop élevée selon Yannick Rousselet, le responsable de la branche nucléaire de Greenpeace.

Greenpeace

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’organisme porte une plainte à l’encontre de cet établissement auprès des autorités de Cherbourg.

La réplique du CSM

À cette dénonciation, le CSM riposte en assurant l’étanchéité des sols de l’établissement contre les fuites évoquées par Greenpeace. Selon l’ASN ou Autorité de sûreté nucléaire, une éventuelle fuite a effectivement pu se produire en 1976, lors d’un accident, toutefois, à l’heure actuelle, le CSM est tout à fait propre de toute présomption de fuite. Il faut également savoir que, selon l’Andra ou l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, cette accumulation de déchets provient d’une inexistence de mesures venant des autorités pendant la période de stockage concernée.

Quant à la pollution présumée des eaux environnantes du CSM et plébiscitée par Greenpeace, Guillaume Bouyt de l’ASN évoque une baisse de la proportion du tritium dans la nappe phréatique. De fait, selon l’Organisation Mondiale de la Santé, une eau peut être potable en étant composée de 10.000 Bq/l de tritium, chiffre bien loin  de ceux évoqués par M. Rousselet de Greenpeace avec ses 100 Bq/l.

Quoi qu’il en soit, la plainte contre le CSM est belle et bien déposée auprès du parquet de Cherbourg pour délit de pollution selon l’accusé de réception qu’a reçu Laura Monnier, la responsable des affaires juridiques de Greenpeace.

Dans le même contexte, EDF a également entamé les mêmes procédures envers les centrales nucléaires. Cette fois-ci, il s’agit d’une proportion de tritium de 100 Bq/l, plainte que l’ASN a jugé ne pas avoir lieu d’être. Pour cause, son intervention ne prend effet que dans les cas de pollution de plus de 1.000 Bq/l.

En savoir plus sur la collecte des déchets ici.

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